Les putschistes au Honduras formés à la “Torture Academy”

Nouvel article :

Merci à Pierre.

Depuis un demi-siècle, les Etats-Unis forment des militaires sud-américains avec un net penchant pour la dictature au sein de la School of Americas, une annexe du Pentagone. Le responsable du coup d’Etat au Honduras en est issu.

Ainsi, les États-Unis n’auraient pas de responsabilité dans le coup d’Etat militaire du 28 juin dernier qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Honduras ? Faux et archi faux !

Comme l’a rapporté l’hebdomadaire National Catholic Reporter du 29 juin, l’homme qui a fait ce coup, le général Romeo Orlando Vasquez Velasquez, commandant de l’armée, a été diplômé à deux reprises de l’infâme School of the Americas (L’École des Amériques), une succursale du Pentagone située à Fort Benning dans l’Etat de Géorgie et tristement célèbre école de torture d’où sont sortis une belle brochette de dictateurs et d’affairistes militaires en Amérique centrale et latine. Un autre leader du coup d’Etat est, lui aussi, diplômé de la même école : il s’agit du général Luis Javier Prince Suazo, chef des forces aériennes et responsable du transport du président déchu, Manuel Zelaya, en dehors du pays.

Relique de la Guerre Froide, la School of the Americas a été créée il y a un demi-siècle afin, disait-on, de former des militaires, des policiers et des agents de renseignement des pays au sud des États-Unis afin qu’ils conduisent la lutte contre les « insurrections » étiquetées « communistes » par le Pentagone. Mais dans les faits, les diplômés de cette école ont toujours constitué les troupes de choc de la répression politique contre la gauche dans ces pays hispanophones.

La torture enseignée à la School of the Americas

Bien avant les horreurs d’Abou Ghraïb en Irak, les pires techniques de torture étaient enseignées à la School of the Americas. En mai 2004, les manuels d’interrogatoire utilisés par l’école ont été rendus publics par le National Security Archive, un institut de recherche indépendant, après un procès qui s’est tenu selon la loi du Freedom of Information Act, intenté par des médias réputés comme le Baltimore Sun. Ces manuels, traduits en espagnol et dont des milliers d’exemplaires ont été distribués aux alliés hispanophones de Washington, donnaient des consignes explicites pour torturer, bastonner et assassiner.

La longue histoire de ces supplices pratiqués par les voyous diplômés de la School of the Americas a également été bien documentée par d’autres organismes, notamment Amnesty International dans son rapport intitulé « Unmatched Power, Unmet Principles » (Pouvoir incomparable, Principes abandonnés), ainsi que dans les excellents ouvrages « Hidden Terrors » (Terreurs cachées) de A.J. Langguth (un ancien reporter du New York Times), « Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower « (publié en France sous le titre L’État voyou : un guide de la seule superpuissance mondiale) par William Blum, ancien diplomate du Département d’Etat, ou encore « A Miracle, A Universe ») (Un miracle, un univers) par Lawrence Weschler (l’expert Amérique latine du New Yorker).

L’enseignement de la torture dans cette école été suspendu par le président Jimmy Carter en 1977, mais réintroduit par Ronald Reagan quatre ans plus tard. En 2000, suite à des enquêtes sur cette école par des médias tels que le Washington Post et le Baltimore Sun et grâce à une opposition grandissante à son encontre au Congrès, le Pentagone en a relifté le nom et l’a rebaptisé Western Hemisphere Institute for Security Cooperation (WHINSEC). Mais comme le disait à l’époque le sénateur Paul Coverdale de l’Etat de Géorgie, un conservateur membre du Parti républicain, cette soi-disant « réforme » n’était qu’« essentiellement superficielle ». D’ailleurs, aujourd’hui, tout le monde en dehors du Pentagone continue d’appeler l’école par son ancien nom.

Des généraux-dictateurs diplômés de cette annexe du Pentagone

Le coup d’Etat du 28 juin au Honduras est le troisième dans l’histoire de ce petit pays de 7 millions d’habitants, dont 50 % vivent dans une pauvreté extrême. En 1975, le général Juan Megler Castro, diplômé de la School of the Americas, est devenu le dictateur militaire de ce Honduras. Puis, entre 1980-1982, le chef de la dictature était un autre diplômé de « l’école de torture », Policarpo Paz Garcia. Ses principaux faits d’armes consistent à avoir intensifié la répression et semé la terreur avec le Bataillon 3-16, l’un des plus terrifiants escadrons de la mort de toute l’Amérique latine fondé par des diplômés honduriens de la School of the Americas, avec l’aide de diplômés argentins de cette école. Car cette dernière n’a pas essaimé qu’au Honduras. Loin de là.

Parmi les soixante mille et quelques militaires qui y sont passés, on compte plusieurs dictateurs avérés : les généraux Noriega et Trujillo au Nicaragua, le général Hugo Banzer Suarez en Bolivie, le général Guido Vildoso Calderon au Pérou, le général Efrain Rios Montt au Guatemala et les généraux Leopoldo Galtieri et Roberto Viola en Argentine.

L’école de la démocratie américaine - JPG - 26.4 ko

L’école de la démocratie américaine

© Oliv’

La lutte pour fermer cette école immonde est menée depuis vingt ans par l’association School of the Americas Watch, animée par des catholiques de gauche et fondée par un prêtre, le père Roy Bourgeois, lui-même une ancienne victime des tortionnaires de cette institution au Salvador, après les meurtres de quatre bonnes sœurs catholiques et de l’évêque Oscar Romero par des escadrons de la mort organisés et commandés par le colonel Roberto D’Aubuisson, un autre diplômé de l’école et auteur des pires crimes commis pendant la guerre civile salvadorienne.

Hollywood se mobilise

Des manifestations récentes qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes demandant sa fermeture devant les portes de l’école ont attiré la participation des personnalités comme l’actrice Susan Sarandon, l’acteur Martin Sheen et la sœur Helen Prejean, auteur du livre « Dead Man Walking » devenu un film célèbre avec Sean Penn (La Dernière Marche, de Tim Robbins).

Pour comprendre les dessous du coup d’Etat du 28 juin, il faut savoir que le président Zelaya du Honduras, comme l’a rapporté le National Catholic Reporter dans son article cité plus haut, « était un homme d’affaires qui penchait plutôt à droite quand il a été élu en 2006. Mais il a surpris beaucoup de monde quand il a commencé à desserrer les liens entre le Honduras et les Etats-Unis qui contrôlait le pays à tel point qu’on le surnommait “U.S.S. Honduras”. »

De plus, Zelaya avait augmenté le Smic local de 60 %, ce qui a rendu l’élite économique du pays folle de rage puis s’est « heurté aux multinationales pétrolières et à l’ambassade des États Unis quand il a tenté de réduire le prix du pétrole pour les Honduriens », comme l’a écrit le National Catholic Reporter.

La dernière fois qu’il y a eu un vote au Congrès américain pour stopper le financement de la School of the Americas — en 2007 — sept voix ont manqué pour fermer l’école. Mais lors des élections législatives de 2008, une trentaine de ses supporters ont perdu leurs sièges.

Ainsi, si le président Obama est vraiment sérieux au sujet de son auto-proclamé « nouveau départ » en politique étrangère, rien ne l’empêche du point de vue électoral de fermer immédiatement la School of the Americas. Mais jusqu’ici la Maison-Blanche est muette sur ce sujet.

Pour l’administration américaine, il n’y a pas eu de coup d’Etat au Honduras

Même si Barack Obama a déclaré que le renversement du président Zelaya n’était « pas légal », il l’a fait dans des termes bien moins forts que l’Organisation des États Américains, qui représente les 34 pays indépendants de l’hémisphère.

Qui plus est, sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a refusé de le qualifier de « coup d’Etat » ce qui entraînerait automatiquement l’arrêt de toute aide économique et militaire au nouveau régime illégal du Honduras, selon la loi américaine qui régit l’aide aux pays étrangers. Le fait que Zelaya se soit laissé photographier souriant bras-dessus bras-dessous avec Hugo Chavez du Venezuela et Raul Castro de Cuba au sommet des gouvernements de gauche de l’Amérique latine en est sans doute pour quelque chose…

http://www.bakchich.info/Les-putchistes-au-Honduras-formes,08226.html

Article courrier international

Article paru dans courrier international, source en bas de page :

Dimanche 28 juin au petit matin, des soldats ont encerclé la maison du président Manuel Zelaya, l’ont mis en joue et lui ont demandé pourquoi il n’avait pas obéi aux ordres du général Romeo Vásquez [que le président avait tenté de destituer le 24 juin, destitution refusée par la Cour suprême]. Et, comme le chef de l’Etat pensait que c’était plutôt à lui de donner des ordres à ses subordonnés que le contraire, on l’a invité à quitter le palais présidentiel. Emmené en voiture, puis en avion militaire, on l’a conduit en pyjama jusqu’au Costa Rica.

Simultanément, tous les médias du pays ont été placés sous contrôle et invités par la force à ne pas diffuser d’informations qui ne seraient pas passées au crible de l’appareil démocratique à l’œuvre dans le pays. C’est tout juste [l’électricité avait été coupée un moment et les signaux de télévision brouillés] si nous avons pu entendre les déclarations du président déchu à son arrivée au Costa Rica et les nouvelles transmises “illégalement” par quelques journalistes et une poignée de Honduriens s’exprimant par voie électronique.

Selon l’armée du Honduras, il s’agissait de défendre la légalité et la Constitution [le président Zelaya souhaitait faire approuver une réforme constitutionnelle par référendum contre l’avis de l’opposition, de l’armée et de la Cour suprême]. Les militaires se sont justifiés en invoquant les ordres qu’ils avaient reçus de la Cour suprême. Et si la Constitution du Honduras ne prévoit pas ce type de mécanisme pour se débarrasser de l’autorité d’un président élu légalement et légitime dans sa fonction, peu importe, il fallait trouver une excuse à deux sous. Ces déclarations ne font que souligner que le Honduras vient de connaître un coup d’Etat en bonne et due forme. Au nom de la “légalité”, militaires et magistrats ont traité la Constitution par-dessus la jambe.

Un acte criminel soutenu par le pouvoir judiciaire

Par le passé, ces manœuvres de gorilles étaient menées par de hauts responsables militaires, mais voilà qu’aujourd’hui ces actes criminels sont soutenus, favorisés et justifiés par le pouvoir judiciaire d’un pays. La complicité du Parlement hondurien confirme ce virage. On ne respecte la loi que lorsqu’elle sert les intérêts des franges les plus puissantes d’une société. Tout pays convenable et démocratique est doté d’une Constitution qui prévoit la destitution de son président. Mais ce mécanisme est régi par des conditions précises qui en garantissent la validité. Il n’est aucune Constitution démocratique, que je sache, qui prévoit que le président peut être arrêté par l’armée, retenu en otage et expulsé de son propre pays. Moins encore au nom de la légalité. Moins encore sur ordre d’une petite coterie de juges. Moins encore avec la complicité d’un chef du Parlement qui, comme par hasard, est l’adversaire politique du chef de l’Etat.

Voilà qui démontre à quel point la culture du coup d’Etat reste ancrée dans les classes dirigeantes du Honduras. Et pas seulement de ce pays. Nous devons rester vigilants face à ces serpents de mer de l’histoire de l’Amérique latine. Défendre aujourd’hui le président Zelaya ne revient pas à défendre sa politique et encore moins sa personnalité. Le défendre aujourd’hui, y compris contre les institutions (confisquées) du Honduras, c’est défendre la démocratie et tout Etat de droit, partout dans le monde, fondé sur le respect des lois et de la Constitution quand bien même certains intérêts seraient mis à mal. Car en démocratie, on ne change pas les lois et la Constitution en les faisant voler en éclats, mais en les modifiant. Et c’est précisément ce qu’entendait faire ce président chassé. Le Honduras se débat aujourd’hui face au grand défi latino-américain : s’engager sur la voie du changement politique, quel qu’il soit, pour l’égalité et la liberté, pour l’indépendance et la dignité, ou bien retourner au temps où nos pays étaient présentés comme des republiquetas [semi-républiques], des républiques bananières.

*Jorge Mafjud est un écrivain uruguayen, professeur à la faculté de sciences humaines de la Lincoln University (Pennsylvanie).

Source :  http://www.courrierinternational.com/article/2009/06/29/un-coup-d-etat-qui-ne-veut-pas-dire-son-nom

Vendredi 3 Juillet, très forte mobilisation.

Bonjour à tous, aujourd’hui, je suis allé à la manifestation en faveur du retour de Manuel Zelaya, et je peux vous assurer qu’il y avait du monde, c’était de loin la plus grande mobilisation depuis dimanche. Elle rassemblait des représentants de tous les groupes ethniques que comptes le pays, de tous les secteurs, vous l’aurez compris c’était un rassemblement cosmopolite. Je me dois de préciser qu’il y avait également un rassemblement en faveur de Michelleti, c’est désormais officiel leur couleur est le blanc, et la notre.. bah toutes les autres ! Selon les organisateurs de la marche pour Zelaya, qui a débuté près de l’université pédagogique à 8h, et s’est terminée devant le siège de l’OEA (Organisation des Etats d’Amériques)en accompagnant le cortège du secretaire générale de l’OEA,  José Miguel Insulza. Ce dernier est venu non pas pour négocier, mais pour spécifier aux autorités qu’il ne leur restait plus qu’une journée pour restituer Manuel Zelaya à son poste, suite à un ultimatun de 72h, sous peine d’etre exclu de l’organisation, ce qui serait un désatre pour le pays. Aux dernières nouvelles Zelaya est attendu demain pour récupérer son poste, ce qui parait assez prématuré vu la situation sur place.

Les médias locaux sont toujours controlés, et certains sites n’hésitent pas à mentir sur le nombre de participants aux manifestations, éxagérant outrageusement le nombre de partisans de Michelleti.

Michelleti le peuple garifuna te rejette

Manifestants à perte de vue

Vite, MEl ! Le peuple a besoin de toi, le monde te soutient

Renato (journaliste) fachiste, non au terrorisme médiatique

Manifestants à perte de vue 2

Les “délits” de Mel

La police devant Televicentro, le centre médiatique de Tégu

Les militaires

Au fond, en blanc, les partisans de Michelleti

Les artistes se joignent au mouvement et se mettent de la peinture blanche sur les mains.

Manifestants à perte de vue 3

Manifestants à perte de vue 4

Les artistes Honduriens rejettent le coup d’état

Caricature de Michelleti

Manifestants à perte de vue 5

Manifestants à perte de vue 6

Quand la pluie s’en mèle..

..Le peuple est présent

Mardi 1 Juillet, manifestation pacifique.

Je me suis rendu à la manifestation de mardi en faveur de M. Zelaya. J’y étais de 9h à 16h et j’ai pu faire tout le parcours. Il n’y a pas eu de confrontation avec les militaires  mais les médias locaux sont toujours victimes de la censure. Seules les manifestations contre Zelaya sont retransmises et celles en se faveur ne sont jamais évoquées.

il faut aussi savoir que le gouvernement actuel paye les manifestants pour les faire descendre dans la rue en leur faveur. Chacun d’eux est payé 2000 lempiras par manifestation, soit 75 Euros.

En ce moment, jeudi-16h, le gouvernement de Micheletti est en train de changer les mots de passe sur les boites de messagerie des Honduriens!

Voici quelques photos de cette manifestation :

Début de la manifestaion, les gens arrivent par petis groupes.

La police n’est jamais très loin

La marche débute

De nombreux graffitis

Une foule dense

Le peuple Garifuna est avec Zelaya

Renato Alvarez, terroriste médiatique

Fransisco Morazan avec le drapeau sur le “parque central”

Dans l’après midi, la manifestation prend de l’ampleur et neutralise les principaux boulevard de la ville

Le boulevard Morazan

Caricature de MichelettiMel, le peuple est avec toi

La police veille sur le “parque central”

Ainsi que les vidéos, visibles sur youtube :

http://www.youtube.com/user/hondureno51

Lundi 29 Juin - Répression militaire, droit d’expression bafoué

Lundi la situation était légèrement différente, trois à quatre fois plus de personnes que dimanche sont descendues dans les rues. Les manifestants sont arrivés de tout le pays mais la grande majorité d’entre-eux a été retenue aux abords de la capitale par les militaires.

Je suis donc arrivé à 9h, il n’y avait pas encore grand monde mais les militaires et la police étaient déjà assez nombreux à l’intérieur du parc présidentiel. Ils étaient cinq fois plus que dimanche. Ils se tenaient en formation, prêts à charger. C’est donc légèrement en retrait que j’ai vu les gens arriver de tous les côtés et se joindre à la manifestation. J’ai aussi vu des manifestants bloquer les principaux boulevards autour du palais présidentiel, incendiant des pneus, détruisant des présentoirs de journaux dits “golpistes”, en faveur du coup d’Etat.
A chaque mouvement des militaires ou de la police ( tous avaient casques, matraque, gilet par balles, fusil d’assault…) la foule ripostait. Des orateurs, des organisations étudiantes, des syndicats, des leaders politiques en faveur de Zelaya, des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes, la presse internationale, tous étaient présents. Vers 15h, alors que la manifestation commençait à prendre de l’ampleur, les militaires ont tirés. Ils ont blessé 276 personnes. Onze ont été grièvement touchées. Des bombes lacrymogènes ont également été lancées, c’est à ce moment là qu’on a décidé de partir.

En rentrant là ou je loge, on pouvait voir à la télé (sur un seul canal international) la situation et les les affrontements entre les manifestants et les militaires. Des journalistes internationaux, dont certains avec qui j’avais pu discuter ( 2 venezuéliens tout particulièrement) ont été arrêtés, frappés et se sont vu confisquer leurs passeports. Aussitôt après ces annonces l’antenne a été coupée. La censure frappe le pays depuis dimanche matin.

La population souffre d’une désinformation totale. Le téléphone fixe ne fonctionne plus depuis aujourd’hui et les journaux, dont les propriétaires sont les mêmes députés qui ont organisé l’eviction de M. Zelaya, reconnaissent et soutiennent le gouvernement golpiste. Quant aux manifestations qui ont regroupé entre hier et aujourd’hui plusieurs milliers de personnes, ils restent muets sur ce sujet.

Le gouvernement de Micheletti a donc, en seulement 48h, coupé les moyens de communication. Il a menti à sa population en prétendant détenir une lettre de démission de Zelaya, annonce immédiatement démentie par la chaîne Télésur et le président lui-même. Il a coupé l’accès à l’eau potable, censuré les programmes d’informations nationaux et internationaux qui leur étaient défavorables.

Aussi  dimanche, suite au coup d’Etat et à l’expulsion de M. Zelaya, les ambassadeurs du Venezuela, du Guatemala, de Cuba, des représentants de L’Organisation des Etats d’Amerique ainsi que des représentants des Nations Unies ont été séquestrés par les hommes de Micheletti.

MICHELETTI PRATIQUE DONC LA CENSURE, LE MENSONGE, LA PROPAGANDE et la SEQUESTRATION de diplomates et de journalistes internationaux. Un régime dictatorial s’instaure actuellement en Honduras alors que dimanche devait être un jour exceptionnel pour ce pays puisque c’était la première fois que l’on consultait le peuple en dehors de l’éléction présidentielle.

Quelques photos:

Députés golpistes, traitres du peuples, vous serez jugés

On voit clairement la différence du nombre de militaire entre dimache et lundi.

La cour du palais présidentiel

Rassemblement devant la maison présidentielle

Grosse mobilisation militaire

Des pneus brulent

Des syndicats se joignent à la manifestation

Mel : C’est un coup d’Etat

Pinocheletti, golpiste, dégage de l’Honduras, nous ne voulons pas de toi. Mouvement féministe du Honduras.

Chaos dans la ville

Les mouvements étudiants

Les traitres

LE traitre

MEL

Au fond, les militaires.

Affrontements visuels pour le moment..

De nombreux “décors” ont souffert

Les gens se rassemblent autour d’orateurs

Dernière photo avant l’assaut                      

Des vidéos :

A venir

Dimanche 28 Juin : Coup d’Etat militaire au Honduras

Journée du 28 Juin 2009, à Tegucigalpa :

La personne chez qui je loge actuellement à Tegucigalpa m’a réveillé vers 7h30 pour m’annoncer que le président Zelaya avait été enlevé et expulsé au Costa Rica durant la nuit. Le coup d’Etat est officiel. Comme vous le savez, le peuple était appelé à voter, en théorie, ce dimanche mais le référendum n’aura certainement pas lieu.

L’urne de la cuarta urna

Le bulletin de vote

Le référendum n’a donc pas eu lieu. Le dimanche 28 Juin Manuel Zelaya a été enlevé à 5h du matin par l’armée hondurienne et mis dans un avion en direction du Costa Rica. Les rumeurs actuelles disent que cet enlèvement aurait été commandité par la Cour suprême de Justice Hondurienne. Elle aurait enregistré 18 entraves à la Constitution à l’encontre de Zelaya. Dans la mesure où ces informations nous ont été transmises que trois jours après l’expulsion du président, on peut se poser la question de la légitimité de ces accusations. Actuellement, beaucoup croient en une machination politique visant à évincer Zelaya, soupçonné de s’être rapproché de Hugo Chavez et d’autres chefs d’Etats dits communistes, ou du moins connus pour la gestion socialiste de leur pays. L’actuel congrès concentre les plus virulents opposants au président Zelaya et l’ancien président du Congès, Roberto Micheletti, en est la tête de file. Retenez bien ce nom.

Ce dimanche, les moyens de communications, téléphone, radios, télévision, internet, l’éléctricité ont tous été coupés de 5h du matin à 13h. La population a donc été laissée pendant plusieurs heures dans la désinformation la plus complète. Nos seuls moyens de communication étaient les téléphones portables, bien évidement impossible à recharger sans électricité. A 13h quand le courant est revenu, une seule chaîne émettait, sur les 120 que compte le pays. On y retransmettait en direct l’autoproclamation de Micheletti comme nouveau président du Honduras.

Quelques heures plus tard, le même congrès annonçait avoir reçu une lettre de démission de Zelaya. Elle a été publiquement lue, votée et approuvée. Dix minutes plus tard Télésur, une chaîne sud-américaine, a démontré que la signature sur la dite lettre de démission ne correspondait pas à celle de Zelaya. D’ailleurs, quelques minutes plus tard lors d’une conférence de presse au Costa Rica, Manuel Zelaya  affirmera ne pas avoir envoyé de lettre de démission. Depuis dimanche 13h, les seules chaînes de télévision autorisées à transmettre, tous les journaux ainsi que la plupart des radios servent d’outils de propagande et de censure au nouveau gouvernement. Tout est sous contrôle.

En signe de protestation contre le coup d’Etat, le peuple est donc descendu dans la rue et a encerclé le palais présidentiel.

Voici quelques photos et vidéos de la manifestation de dimanche.

Premier aperçu de la situation

Le peuple était rassemblé devant le palais présidentiel.

La place de la liberté..militarisé

Des habitants de Tégu devant le palais présidentiel

Des habitants de Tégu 2

L’entrée du palais…

Lamaison du peuple appartient au peuple

Ce dimanche 28, nous soutenons la “cuarta urna”

Premiers feux

“Golpistas”, rendez manuel Zelaya

L’intérieur dela cour présidentielle

Le peuple face aux militaires

La maison présidentielle militarisée

Un soldat

Des manifestants

Blocage des entrées

Les gens parlent sous l’anonymat

A la fin de la journée, la rue était noire de monde                                                                                                                                                                                                                

La manifestation était extraordinairement pacifique.Les manifestants ont suivi la volonté du président constitutionnellement élu, Manuel Zelaya Rosales, qui avait appelé a la grève générale ainsi qu’à une manifestation pacifique. Le palais est dorénavant occupé par les militaires qui ont fait front face aux manifestants. Postés derrière les grilles du palais, ils n’ont pas montré de signes majeurs d’hostilité.

Situation politique tendue avant le Coup d’Etat au Honduras

Texte écrit le 25 Juin au soir qui rend compte du contexte politique du pays avant le coup d’Etat :

La situation politique a été très fortement chamboulée ces deux derniers jours. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs courent dans tout le pays sur un probable coup d’Etat militaire. Je dois avouer qu’on est passé tout près aujourd’hui, et malheureusement rien n’est encore sûr.

Nous sommes en pleine année électorale et, en novembre 2009, le peuple est amené à élire un nouveau président pour un seul mandat  de 4 ans (limites posées par la constitution). Lors de l’élection présidentielle ( la seule consultation du peuple en 4 ans), les électeurs sont appellés à voter dans 3 urnes différentes, une pour le président, une pour les députés et une pour le maire.

Le president de la Republique du Honduras se nome Manuel Zelaya et est très populaire, surtout auprès des classes les plus pauvres. Il y a un mois il a annoncé un réferendum, pour le 28 Juin, dans 2 jours, en posant une simple question : “Etes vous d’accord pour l’installation d’une quatrième urne lors de l’élection présidentielle”. Ca revient à demander au peuple la permission de mettre en place une assemblée constituante ( en gros pour modifier la constitution). Les changements consisteraient à nationaliser les entreprises pétrolières, gazières… Un peu sur le modèle de Chavez au Venezuela. C’est proche d’une gestion communiste mais cela permettrait de baisser les prix des matières premières qui sont ici très chères comparées au niveau de vie de la population.
Il existe ici ce qu’on appelle des “groupes de pouvoir” (médias, entreprises privées très influentes) ainsi qu’un parlement qui vont à l’encontre du président. Ces entités ne souhaitent pas que l’on modifie la constitution. Concrétement, cela se traduit par des censures sur certaines chaines de télévision lorsque les partisans du président prennent la parole. Le president et les classes “populaires”, sont donc opposés au parlement, au dits “groupes de pouvoir”.

Pour organiser le référendum , le président a fait appel à l’armée et lui a demandé que toutes les urnes et les bulletins soient mis en place pour le jour de la consultation nationale. C’est là que ça coince. En effet l’armée, selon la constitution du Honduras (article 278), est sous les ordres du président mais ne doit en aucun cas intervenir dans un processus électoral.
L’armée refuse donc de participer. Le parlement s’est empressé dans la nuit de mardi à mercredi de faire passer une loi sur les référendums rendant complètement illégal celui de dimanche. Mais le président, soutenu par une grande majorité du peuple, n’abdique pas et continue d’annoncer que le référendum de dimanche aura bien lieu.
Les opposants du président ont donc profité de cette annonce pour déclarer officiellement la nullité du référendum prévu. Le pays est donc divisé entre les partisans du président et les autres, entre la légalité et l’illégalité, entre une simple consultation du peuple ou non… vous voyez le tableau?

Face a cette augmentation des tensions, mercredi midi au bureau ( je vous rapelle que je travail au sein d’un projet soutenu par la première dame du pays, donc extrêmement sensible en ce moment) le boss convoque tout le monde. Il a reçu un coup de fil lui demandant de tous nous faire rentrer chez nous car la situation empirait au palais présidentiel et que les prochaines heures étaient incertaines. Tout le monde a donc pris ses clics et ses clacs et nous sommes rentrés 2 heures plus tôt qu’à l’ordinaire. Le soir, le président convoque les chefs d’Etat major, et après une longue reunion, il limoge le chef de l’armée. Aussitôt après, le ministre de la défense démissionne ainsi que les chefs des armées maritime, terrestre et aérienne. ce sont donc cinq personnes qui ont quitté leurs fonctions. Ces cinq personnes sont, naturellement, trés influentes et trés écoutées par leurs hommes. Malgrè cela, il semblerait que le chef des armées demeure toutefois un des amis proches du président. Heureusement, parce que sinon le coup d’Etat aurait déjà eu lieu à l’heure actuelle. Je vous explique.

Le lendemain matin, je me suis tout de même rendu au travail. L’ambiance était particulière, il y avait très peu de gens dans les rues. La tension et la peur sont palpables. Jeudi matin donc, le parlement nie l’autorité du chef de l’Etat sur l’armée et remet en fonction le chef de l’armée, qui, à ce moment précis, détient plus de pouvoir que le président. Par conséquent, il était en position pour réaliser ce coup d’Etat. Cependant, comme je vous l’ai dit, rien ne s’est produit.. A ce moment precis, j’etais parti dans les quartiers pauvres de Tegucigalpa, faire ce que j’avais a faire, et en rentrant au bureau il n’y avait presque plus personne. On m’a appris que tous les ordinateurs ont été vidés de leur disque dur,et qu’ils ont été mis en lieu sûr. A l’heure actuelle nos bureaux sont vides. Tous les documents du projet ont été mis en securité. 

Au même moment, le président,en réaction aux agissements du parlement, appelle tous ses partisans à venir au palais présidentiel. Il y fait un discours, et conclut en  disant ” suivez-moi!”, sans indiquer de direction particulière. Cependant, il est vite apparu qu’il se dirigeait vers la base aérienne, pour récupérer le materiel nécessaire à l’organisation du référendum, alors détenu par… les militaires. C’était impressionnant de voir la foule qui le suivait. Le parlement s’est empréssé de déclarer cette intrusion parfaitement illégale, alors que des milliers de personnes y participaient. Vous aurez donc compris que le parlement et une grande majorité du peuple sont en profond désaccord.

Les manifestants ont tout de même reussi à prendre tout le nécessaire pour la consultation nationale et cela sans que le chef d’Etat major, licencié la veille mais remis sur pieds par le parlement, n’ait donné l’ordre de les en empêcher. Aux dernières nouvelles, il y a une heure, le congrès était réuni en session extraordinaire et cherche à destituer le président.

Les gens ont peur. Les banques, magasins, aéroports étaient fermés tout l’après-midi. Les gens commencent à stocker de la nourriture, les militaires sont postés devant les banques les plus importantes, etc.
J’ai pu discuter avec des collègues qui me disaient avoir peur d’aller voter dimanche parce que l’opposition, soit le parlement et les groupes de pouvoir, a menacé de prendre les numéros d’identités de ceux qui iront voter…

Affaire à suivre…



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